MARATHON CLUB DU GRAND CENTRE

             "Des pigeons d'exception pour des hommes de passion"

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Nous savions qu’il ne se lancerait pas là-dedans pour bricoler, et que le jour où il engagerait des voiliers avec nous, c’est qu’il pensait pouvoir faire parler un minimum la poudre. C’est chose faite, et l’édition 2019 de Assen MCGC a vu l’équipe de Joël Videau se livrer à une véritable démonstration : pour la bagatelle de 932 km, il réalise 5 prix par 10 de 6 engagés et 3 tops 12…

J Videau dans colombier Copier

Assen MCGC 2019

Comme les deux années précédentes, il ne fallait pas des bisets pour venir dans les prix, quel que soit la distance, puisque la zone fond (moins de 730 km) a, elle aussi, souffert quelque peu. C’est Philippe Gauthier de Sens qui ouvre le bal à 18h58 pour 588 km (854 mpm), puis à 20h02 avec un second pigeon. A 21h34 pour 648 km, Jacques Sicot de Montargis  engrange aussi une constatation. Seuls ces 3 voiliers pourront regagner leur casier le premier jour. L’ambiance était donnée, avec un seul pigeon au-dessus des 800 mpm pour la zone fond. Dès 6h52 le lendemain matin, Alain Charbonneau signait la première annonce de la zone marathon (plus de 730 km) avec 790 km ; il ne pourra cependant battre Philippe Gauthier. Il faudra attendre ensuite 8h06, soit plus d’une heure pour une deuxième annonce dans cette zone, avec la formidable 077062/14 de Philippe Beau qui gagnera finalement la course. Seuls 3 pigeons seront signalés en marathon entre 8 et 9 heures. A 9h22 pour 926 km (854 mpm), Joël Choteau enregistre son extra 204082/14, qui finira, comme pour Osnabrück 2018 (978 km), 2ème de l’édition, sur de telles courses, le hasard n’a pas sa place. Il faut de sérieux candidats pour être présent au résultat. Ce contingent restreint de 546 voiliers a dû affronter un violent vent contraire sur le trajet retour et se répartir sur une zone d’arrivée large de Saint Etienne à l’Atlantique, et profond de Sens, en passant par Nantes au fond de la Charente Maritime, jusque Saint Etienne. L’endurance d’un bon suiveur ici ne suffit pas, il faut la tête pour aller du bon côté de suite.

Champniers (F-16), mardi 30 juillet 2019.

A 9h37, pour 932 km (848 mpm), Joël Videau,  touche son troisième inscrit : «Bart», 295419/2016, qui, pour son premier engagement marathon, montera sur la troisième marche du podium de la zone marathon face à 505 pigeons (4ème / 546 sur le classement global fond + marathon).

Bakayoko 2ASPIG assen Copier

«Bakayoko», 006346/2015, parti lui premier marqué, déboule à 10h16 (819 mpm), bon pour une 7ème place marathon et 8ème place du Assen MCGC global. Il venait ainsi de boucler son deuxième Assen, et avait, l’an passé obtenu la 10ème place de classement global. Il termine ainsi à la deuxième place des As pigeons Assen 2 ans (2018-2019), juste derrière l’imbattable femelle de Philippe Beau. Chapeau, d’autant que ce super voilier avait déjà engrangé à deux ans une 3ème place fédérale sur Hoegarden fédéral.

A 10h39, «Gim’s» 006272/2015, deuxième inscrit, déclenche  à son tour le constateur. Avec 803 mpm, il sera le dernier pigeon enregistré au-dessus des 800 mpm. Il se classera finalement à la 12ème place du « Assen » global et à la 11ème place de la zone marathon. «Gim’s» est un frère de «Bakayoko».

En 1 heure et 2 minutes, Joël vient d’enregistrer ses 3 premiers marqués, sur une course qui se gagne à 869 mpm, avec une distance de 932 km. Pire, on peut faire, sans se forcer, surtout quand on ne vient que de mettre son nez dans les courses marathon. Il faut rappeler aussi que le colombier «L’envol» de la famille Videau n’est pas la première «boîte à pigeons» venue, et compte parmi les colonies françaises les plus titrées, ceci peut expliquer cela, de même que la suite des évènements, car l’histoire n’est pas finie :

12h44, alors que beaucoup n’ont plus d’ongles à attendre leur première plume, Joël et Josiane enregistrent leur quatrième pigeon, «Combattant» matricule 295401/2016, bon pour une 29ème place globale et 26ème en zone marathon.

A 14h57 arrive enfin «Falcao», 006345/2015, le deuxième frère de « Bakayoko », bon pour une 50ème place du « Assen » global et 47ème place en zone Marathon.

Le sixième voilier, parti quatrième marqué ne reviendra jamais. Ce peut être une petite déception quand même, mais bon, il y a assez d’éléments pour trouver rapidement consolation, d’autant que parmi ces 5 voiliers plus que valables, se trouvent 3 frères.

Début marathon

La colonie «L’envol» était, jusqu’avant la mise en place du MCGC uniquement concentrée sur les courses de vitesse, demi-fond, jusque fond d’un jour avec les fédéraux. Dans ce créneau, elle bénéficie d’un palmarès parmi les plus huppés de l’hexagone, avec des pigeons olympiques et des victoires à la pelle. Les courses marathon n’étaient pas au menu pour cause de non existence d’un programme cohérent stable. Il faut dire aussi que ce n’est pas un créneau qui aurait, de prime abord, emballé Joël. Depuis la création du MCGC, voici 6 ans, les amis Eric Billaud et Franck Pouzet n’ont eu de cesse de taquiner Joël et Josiane pour les embarquer dans l’aventure «grand fond» maintenant disponible. Petit à petit, l’idée a fait son chemin, et finalement, quelques voiliers marathon sont venus peupler les installations de Champniers. Joël, n’est pas homme à faire les choses à l’envers, et il a pris le temps de monter une équipe en âge de prester correctement avant de se lancer dans l’aventure. Il y va pour se faire plaisir, certes gentiment, mais pas pour prendre des volées. Ainsi, en 2018, les choses furent vraiment lancées avec une équipe de 5 pigeons. Deux vinrent au prix, dont un de belle manière avec une dixième place en marathon face à 509 pigeons (12/598 Assen MCGC). Il s’agissait de «Bakayoko», qui récidive cette année avec une jolie septième place. Cette année, les choses se sont précisées comme expliquées plus en avant.

J Videau colombier Copier

La colonie

Pour le grand fond, les effectifs sont d’une dizaine de couples de reproducteurs. Les origines exploitées sont les suivantes : Bert SAARLOOS (NL),  Jelle JELLEMA (NL),  Didier HOFLACK (F),  David & Delphine CHASSAGNE (F), Patrick METAYER (F), Arnaud & Dominique PROVOST (F) et plus récemment Stéphane DEPASSE (B) ainsi que Sébastien BASTOGNE (B). Des sujets de la colonie «all round» viennent aussi apporter leurs capacités à rentrer de «bonne heure». Ainsi, le couple actuel «N°1 en marathon» du colombier, parents de 3 voiliers ayant fait prix par 10 sur Assen 2019 est composé d’un mâle direct Eijerkamp (Petit-fils de Salinero - 1er Nal Bergerac - et lignée Black Giant- Drogba), tandis que la femelle est née au colombier, d’un pur Vrosch-Meijers via P. Philippens sur une femelle issue des lignées ayant fait le bonheur de notre ami dans son créneau de prédilection (petite-fille, elle, du Rivaldo Devos x Typhon Tarzan Videau). Comme quoi, croiser  sur ce qui est acclimaté chez soi n’est pas chose idiote quand même. « Bart », 3ème Assen MCGC 2019 a, lui, un père issu directement du champion Bert Saarloos (NL), tandis que la mère, issue du Colombier Chassagne, a été acquise lors d’enchères du MCGC en 2015. Elle est issue d’un mâle direct Ko Van Dommelen (fils du «Lichte Broer»), sur une femelle de Philippe Huyghe (fille du «Galibot» x femelle S. Depasse). En 2019, il a fait 5 prix de 5 engagements, dont 3 fois à moins de 200 km.

L’équipe de voyage est logée au grenier, et forte de seulement 8 voiliers de 3 & 4 ans. Notre ami a élevé jusque-là une vingtaine de jeunes marathoniens par an, mais il ne peut que constater que remplir un colombier avec ces bêtes n’est pas facile, tant ils ont la fâcheuse tendance à disparaitre avant la maturité nécessaire pour participer à Assen. C’est «très compliqué» selon Joël.

Bart 3marathon assen Copier

Il ne désespère pourtant pas (ce serait dommage suite à cet opus 2019 à dire vrai), et les dernières introductions sont faites sur des pigeons marathon exclusivement. Les introductions sont choisies en fonction des pedigrees, et de la tenue en main. Certains sites offrent maintenant des évaluations de prise en main qui peuvent être d’une grande aide avant de se lancer à risquer des billets dans le panier du vendeur. Joël a pu observer en surfant sur les différentes ventes Hollandaises que les trois quart des oiseaux vendus était peu dotés en dos, voir aussi en solidité de fourche. Peut-être est-ce dû au fait qu’ils jouent dans «l’autre sens» et que de tels attributs sont moins nécessaires. Je me risquerais à une autre analyse moins flatteuse : quand vous surfez et allez visionner les ventes totales, comme c’est le cas  au moment où j’écris cet article sur un site Hollandais spécialisé en pigeons longues distances, n’hésitez pas à d’abord lire les évaluations des sujets ayant presté de belle façon dans les marathons internationaux (pas sur un coup unique) ; peut-être que vous ferez comme moi le constat que ces sujets, auteurs de belles prestations, sont eux mieux pourvus physiquement que les jeunes proposés. Pour la défense des vendeurs de ces jeunes, Joël a pu observer que chez lui, les sujets marathon se formaient quand même tardivement et devenaient nettement plus jolis passé deux ans. Au-delà de ce constat, quand il sélectionne ses jeunes sujets pour savoir qui conserver pour l’année suivante, il se base sur le pédigrée, mais aussi sur la prise en main. Il s’est aperçu que ces épreuves (notamment les 3 dernières années, avec peu de pigeons au-dessus de 800 mpm) étaient faites pour les solides, le voilier capable d’encaisser ça doit donc avoir un minimum de coffre. Il ne veut pas pour autant des bouts de ferraille, mais un bon compromis alliant la solidité à une certaine souplesse, fluide et costaud à la fois, avec une bonne richesse de plumage.

Management

Les pigeonneaux n’avaient plus trop été joués ces dernières années. Avec les copains du club, ils se sont aperçus que devenus yearlings, les effectifs de ces jeunes laissés tranquille fondaient comme neige au soleil. Dès l’an prochain, les paniers de jeunes vont à nouveau chauffer pour donner la nécessaire expérience précoce aux futurs voiliers. Pour 2020, environ 25 jeunes futurs marathoniens seront élevés de façon précoce, pour être ensuite joués jusqu’à environ 350 km.

Les yearlings sont, eux, joués sur un programme allant de 100 à 450 km. Ils sont assez économisés. Le but est de donner gentiment de l’expérience, rien n’est à prouver.

A deux ans, ils seront emmenés jusque 650 km, sur des épreuves en Belgique. C’est à 3 ans qu’ils participeront à ce pour quoi ils sont faits : une course marathon.

Les mâles sont joués au veuvage classique. Pour Assen, les femelles ont été montrées quelques heures avant l’enlogement.

Cette saison 2019, Joël a traîné une grosse bronchite au printemps, ce qui a restreint les visites au colombier et allégé le programme de préparation. Les voiliers marathon ont été accouplés vers la fin mars pour une couvaison de 15-16 jours sur des œufs de plâtre ; ensuite le veuvage a commencé. Ils ont alors été entraînés pour être engagés 3 semaines de suite sur des courses de vitesse (Langeais-180 km ; Ste Maure-160 km ; Langeais-180 km). 12 jours après, début juillet, ils ont été engagés directement sur Bruxelles (650 km). Le saut brutal les a un peu secoués, il faut dire que les températures élevées ne leur ont pas facilité la tâche. Un peu moins de 3 semaines plus tard, ils s’envolaient de Assen pour le résultat que l’on sait. Pendant ces 3 semaines, notre champion a misé sur le repos et la récupération. Les pigeons ne sont sortis pour les volées (+/- 1h15) que les matins, de bonne heure, et n’ont bénéficié que d‘un seul entrainement à 45 km. Cette période de chaleur est aussi propice à l’apparition et la prolifération de trichomoniases. Par mesure de précaution, un rappel «tricho» a donc été effectué au milieu de cette période de préparation pour Assen.

Ceci nous amène à la gestion sanitaire de la colonie : en début de saison, les pigeons sont traités successivement pendant la couvaison contre la trichomonose (6 jours), puis la coccidiose (2 jours de Baycox) et enfin contre les vers (2 jours). Cette  période de traitement est suivie de 2 jours de vitamines et probiotiques.

J Videau mcgc Copier

En saison, sans systématique particulière, des rappels sont réalisés, notamment quand les chaleurs arrivent, en changeant de molécules pour éviter toute accoutumance des parasites. Parfois le cachet est donné au retour de l’épreuve.

Les voiliers sont nourris et abreuvés individuellement. Outre un avantage certain pour d’éventuels problèmes de contagion, ceci permet d’évaluer ce que chaque pigeon mange et boit (un pigeon qui boit beaucoup n’est pas en forme).

Nutrition, etc…

Les produits complémentaires Belgavet sont utilisés, notamment le «Joost Mix» que Joël utilise régulièrement. Il suit en partie (beaucoup de business quand même, donc à moduler) le schéma indiqué par la firme Belgavet, notamment en termes de préparation et de récupération. En parallèle, chaque jour du grit est donné ; 4-5 sortes de grit sont donnés en alternance. Le grit Beyers notamment est très apprécié des pigeons.

La nutrition est choisie justement parmi la gamme Beyers. Le mélange «Galaxy Light» est donné jusque pendant les courses préparatoires de courte portée. Pas besoin de surcharger les organismes. Cette saison, ils ont donc bénéficié de cette alimentation jusque la semaine avant Bruxelles où ils ont eu un apport de mélange «Energy», suivi les deux derniers jours de ration « à volonté» de mélange «Longue distance TT». Au retour, ils ont eu une part de sport pendant 2 jours puis du mélange pauvre en protéines (Beyers Vandenabeele, ou Gerry de Versel Laga) pendant les 15 jours qui ont suivi. Les 4 jours précédents « Assen », le mélange a été bonifié de mélange sport et «Energy», pour finir progressivement avec du «Longue distance TT». C’est comme souvent, simple, logique et efficace.

Epilogue

Cette prestation de haute facture sur Assen de l’ami Joël Videau a été une bonne occasion de faire un article sur sa venue dans les courses marathon. Je voulais le faire et attendais que l’occasion se présente, et, comme prévu avec un amateur de ce calibre, ça n’a pas trainé longtemps. Il est en effet intéressant et instructif de présenter la façon dont un amateur de ce niveau de jeu procède pour se créer une colonie adaptée, quelle logique il suit pour se constituer une équipe capable de marquer les esprits. Le hasard n’existe pas. Joël Videau joue maintenant les courses marathon et il le fait de brillante manière. J’espère que cet article vous aura apporté, et qu’il sera pour vous source d’inspiration pour améliorer votre plaisir dans les compétitions colombophiles et dans les marathons en particulier. Bravo Joël et Josiane, pour cette véritable démonstration, à 2020 pour de nouveaux succès.

David Chassagne, novembre 2019